Week-end au Portugal : sept escapades et où dormir dans chacune

Jérémy By Jérémy
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Le Portugal tient dans un mouchoir de poche à l’échelle européenne : six cents kilomètres du nord au sud, et un réseau ferroviaire qui relie l’essentiel. C’est ce qui en fait une destination de week-end si commode. Reste la vraie question, celle que les guides traitent rarement : dans quelle ville dormir, et dans quel quartier. Voici sept escapades portugaises et le choix d’adresse qui va avec.

Ce qu’il faut retenir

  • Lisbonne et Porto sont bâties sur des collines : l’ascenseur, souvent absent des immeubles anciens, compte autant que l’emplacement.
  • Les pousadas occupent d’anciens monastères et forteresses classés, un type d’hébergement qui n’a pas d’équivalent ailleurs.
  • L’Algarve vit à deux rythmes : bondé de juin à septembre, très calme et doux le reste de l’année.
  • Le train Lisbonne-Porto met environ trois heures, ce qui rend le doublé possible sur trois nuits.

Lisbonne, choisir entre la vue et l’accès de plain-pied

Lisbonne pose un arbitrage franc. L’Alfama, quartier le plus ancien, épargné par le séisme de 1755, offre les vues sur le Tage et les ruelles les plus photogéniques, mais ses immeubles n’ont presque jamais d’ascenseur et l’accès en voiture y est impossible. La Baixa, reconstruite après le séisme selon un plan orthogonal, est plate, centrale et desservie par le métro.

Voir aussi nos adresses avec vue à Lisbonne et comment se déplacer à Lisbonne sans voiture. Le Chiado et le Príncipe Real forment le compromis le plus recherché : bâti élégant, boutiques, restaurants, et une topographie supportable. Pour trois nuits, c’est le secteur qui demande le moins d’efforts. Le monastère des Hiéronymites et la tour de Belém, tous deux inscrits au patrimoine mondial, se trouvent à l’écart du centre, une demi-journée à prévoir.

Porto, la rive de Gaia offre la vue que la Ribeira ne peut pas avoir

Une évidence souvent manquée à Porto : la plus belle vue de la ville n’est pas dans la ville, elle est en face. Vila Nova de Gaia, sur la rive sud du Douro, regarde la Ribeira et ses façades étagées. Les caves de porto y sont installées depuis le XVIIIe siècle, et plusieurs adresses en terrasse dominent le fleuve.

Sur la rive nord, le quartier de la Ribeira est classé au patrimoine mondial mais très fréquenté et pentu. Les abords de l’avenue dos Aliados et le quartier de Cedofeita offrent un terrain plus plat, un accès direct au métro depuis l’aéroport, et des immeubles bourgeois du XIXe aux volumes généreux. La librairie Lello et la gare de São Bento avec ses azulejos sont à quelques minutes.

Faro, la porte de l’Algarve qu’on traverse trop vite

Faro souffre d’être avant tout un aéroport. C’est pourtant une ville murée avec une vieille ville close, la Vila Adentro, et surtout l’accès direct à la Ria Formosa, lagune protégée de soixante kilomètres où l’on rejoint des îles-barrières en bateau depuis le centre.

Loger dans la vieille ville ou face à la marina change tout le séjour : on sort à pied le soir, on part en bateau le matin. En dehors de juillet et août, l’Algarve est doux, lumineux et peu fréquenté, ce qui en fait une destination d’automne et de printemps bien plus agréable que d’été.

Braga, les monastères convertis en hébergement

Braga est l’une des plus anciennes villes chrétiennes de la péninsule, siège épiscopal depuis le IIIe siècle. Le sanctuaire du Bom Jesus do Monte, avec son escalier baroque en zigzag et son funiculaire à contrepoids d’eau en service depuis 1882, est inscrit au patrimoine mondial depuis 2019.

C’est la région du Portugal où l’hébergement de caractère est le plus intéressant, avec des solares, maisons nobles de campagne, et des bâtiments religieux reconvertis. Le centre historique se parcourt à pied, et Guimarães, berceau de la nation portugaise et également classée, est à vingt-cinq minutes.

Coimbra, dormir en haut ou en bas change la journée

Coimbra est une ville universitaire construite sur une colline abrupte. L’université, fondée en 1290 et inscrite au patrimoine mondial, occupe le sommet avec sa bibliothèque Joanina, salle baroque du XVIIIe siècle dont la visite se fait par créneau réservé.

La ville se divise en alta et baixa, ville haute et ville basse, séparées par un dénivelé réel. Dormir en haut place au cœur du quartier historique mais impose la montée à chaque retour ; en bas, on est près du Mondego et des commerces. Coimbra est à environ deux heures de Lisbonne et une heure et demie de Porto en train, ce qui en fait une étape naturelle entre les deux.

Setúbal, le poisson et les dauphins du Sado

Setúbal est à moins d’une heure de Lisbonne et reste presque exclusivement portugaise. L’estuaire du Sado abrite une population résidente de grands dauphins, observables toute l’année en sortie encadrée. La péninsule d’Arrábida, juste à côté, aligne des plages entre falaises calcaires et pinède, dans un parc naturel protégé.

Pour l’hébergement, deux logiques s’opposent : le centre de Setúbal, urbain et proche du marché aux poissons, ou les hauteurs de l’Arrábida, où quelques adresses isolées donnent sur la baie. La seconde option suppose une voiture, la première non.

Viana do Castelo, la plus discrète du nord atlantique

Viana do Castelo se tient à l’embouchure du Lima, dominée par le sanctuaire de Santa Luzia, accessible par un funiculaire toujours en service. La ville a un centre Renaissance intact, une tradition d’orfèvrerie en filigrane et une plage océanique, Cabedelo, réputée pour le vent.

C’est le nord atlantique : l’eau est froide toute l’année et le climat plus humide qu’au sud. En contrepartie, la fréquentation reste faible même en été, et c’est l’une des rares côtes portugaises où l’on trouve encore de la place en août.

Les pousadas, une catégorie d’hébergement propre au Portugal

Le réseau des pousadas mérite d’être connu avant de réserver au Portugal. Créé dans les années 1940, il installe des hébergements dans des monuments nationaux : monastères, châteaux, forteresses, palais. On dort dans un bâtiment classé, souvent en position dominante, avec des volumes que l’hôtellerie contemporaine ne propose plus.

Deux points à vérifier avant de réserver dans ce type d’adresse. L’isolation thermique, car ces bâtiments de pierre sont frais en hiver et le chauffage y est parfois inégal d’une chambre à l’autre. Et la localisation, souvent excentrée par nature : une forteresse domine une vallée, elle n’est pas au coin de la rue commerçante. Sur un week-end, c’est un choix qui suppose une voiture.

Questions fréquentes

Lisbonne ou Porto pour un premier week-end ?

Porto sur deux nuits, Lisbonne sur trois. Porto est plus compacte et se boucle en un week-end court, tandis que Lisbonne suppose des trajets vers Belém et une topographie plus exigeante, qui demandent une journée supplémentaire.

Quelle est la meilleure période pour le Portugal ?

D’avril à juin et de septembre à octobre. L’Algarve reste douce en hiver mais une partie de l’offre balnéaire ferme, tandis que le nord, autour de Braga et Viana do Castelo, est nettement plus humide de novembre à mars.

Faut-il une voiture pour un week-end au Portugal ?

Non pour Lisbonne, Porto, Coimbra et Faro, tous reliés par le train et praticables à pied. Oui pour l’Arrábida, les pousadas isolées et la découverte du Minho, où le réseau ferroviaire ne dessert pas les sites les plus intéressants.

Qu’est-ce qu’une pousada exactement ?

Un hébergement installé dans un monument national portugais, monastère, château ou palais, dans le cadre d’un réseau créé dans les années 1940 pour conserver ces bâtiments en leur donnant un usage. Le cadre est exceptionnel, la contrepartie étant une localisation souvent excentrée.

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