Week-end en France : huit escapades et le bon quartier où dormir

Jérémy By Jérémy
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La France a un avantage que peu de pays offrent pour un week-end : le train met la plupart des grandes villes à moins de trois heures de Paris, et l’arrivée se fait en centre-ville, pas dans une zone aéroportuaire. Reste à préparer le départ et à savoir où dormir une fois sur place, question qui décide de tout sur deux nuits. Voici huit escapades françaises et le quartier qui va avec.

Ce qu’il faut retenir

  • Arriver en gare de centre-ville supprime le trajet aéroport, soit une heure gagnée à chaque bout du séjour.
  • Dans les villes du Sud, la question du bruit nocturne pèse plus que la catégorie de l’hôtel.
  • Les hôtels particuliers reconvertis offrent des volumes de chambre supérieurs aux constructions récentes, pour un tarif souvent proche.
  • Beaucoup de musées municipaux ferment le lundi, à vérifier avant de caler un week-end du samedi au lundi.

Marseille, le Vieux-Port ou le Panier, deux séjours différents

Marseille impose un choix de quartier net. Le Panier, plus ancien quartier de la ville, est un dédale de ruelles en pente au-dessus du Vieux-Port, avec des maisons étroites reconverties. Le Vieux-Port lui-même est central et animé, donc bruyant. La rive sud, autour du Pharo et des Catalans, offre le calme et la mer, au prix d’un éloignement des transports.

Le parc national des Calanques commence aux portes de la ville et se rejoint en bus depuis le centre. C’est le seul parc national européen à la fois terrestre, marin et périurbain. En été, l’accès à certaines calanques est réglementé en fonction du risque incendie, avec une décision prise la veille au soir : le vérifier fait partie de la préparation.

Arles, dormir dans un hôtel particulier au pied des arènes

Arles concentre dans un centre minuscule un amphithéâtre romain toujours en usage, un théâtre antique, les Alyscamps et le cloître Saint-Trophime, l’ensemble étant inscrit au patrimoine mondial. La ville est aussi celle de Van Gogh, qui y a peint plus de trois cents œuvres en un peu plus d’un an.

C’est l’une des villes françaises où l’hôtellerie de caractère est la plus dense par rapport à la taille : plusieurs hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, avec cour et escalier d’honneur, sont à cinq minutes des arènes. En juillet, les Rencontres de la photographie remplissent la ville et l’hébergement se réserve des mois à l’avance.

Strasbourg, la Grande Île et le calme relatif de la Krutenau

La Grande Île de Strasbourg, cernée par les bras de l’Ill, est inscrite au patrimoine mondial depuis 1988, extension faite à la Neustadt allemande en 2017. La cathédrale, avec son horloge astronomique, et le quartier de la Petite France en sont les points hauts.

Loger sur la Grande Île place tout à pied. La Krutenau, juste au sud, offre un quartier plus vivant et moins cher, à dix minutes du centre. En décembre, le marché de Noël transforme complètement la ville : l’affluence est considérable et les tarifs d’hébergement doublent, ce qui en fait la période la moins favorable pour un week-end tranquille.

Nantes, l’île et le centre médiéval

Nantes s’organise autour de deux pôles : le centre ancien avec le château des ducs de Bretagne et la cathédrale, et l’île de Nantes, ancienne zone industrielle reconvertie où se trouvent les Machines de l’île et leur éléphant mécanique. Le passage Pommeraye, galerie commerçante du XIXe sur trois niveaux, mérite un détour.

Reste à trancher entre maison d’hôtes et hôtel. Le quartier Graslin, autour du théâtre, réunit les immeubles bourgeois du XVIIIe et les meilleures tables. C’est le secteur à privilégier : central, calme, et à quinze minutes à pied de l’île comme du château. Nantes est à un peu plus de deux heures de Paris en train.

Saint-Malo, intra-muros ou pas, la question se tranche à l’avance

Saint-Malo pose une question binaire : dormir intra-muros, à l’intérieur des remparts, ou à l’extérieur. Intra-muros, on sort sur les remparts au lever du jour et on dîne à pied, mais l’accès en voiture est contraint et les chambres sont souvent petites, le bâti étant reconstruit à l’identique après 1944 sur des parcelles étroites.

À l’extérieur, le Sillon aligne des adresses face à la plage avec des chambres plus vastes et une vue dégagée. Le point à connaître : les marées de la baie sont parmi les plus fortes d’Europe, avec un marnage qui peut dépasser douze mètres lors des grandes marées. Le Grand Bé et le Fort National ne sont accessibles qu’à marée basse, ce qui se planifie avec l’annuaire des marées.

Montpellier, l’Écusson et ses hôtels particuliers

Le centre historique de Montpellier, appelé l’Écusson pour sa forme, est piéton et abrite près de quatre-vingts hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, dont beaucoup ne se laissent deviner que par un porche. Plusieurs ont été reconvertis en hébergement, et c’est la spécificité de la ville en matière d’adresses.

La faculté de médecine, la plus ancienne encore en activité en Europe occidentale, et le jardin des plantes, créé en 1593, complètent le programme. La mer est à une dizaine de kilomètres, accessible en tramway puis navette : c’est l’une des rares villes du Sud où l’on peut se passer de voiture entièrement.

Sète, entre étang et Méditerranée

Sète est bâtie sur une langue de terre entre l’étang de Thau et la mer, adossée au mont Saint-Clair qui domine l’ensemble. Les canaux traversent la ville, et les joutes nautiques y sont pratiquées depuis le XVIIe siècle, avec un tournoi majeur autour de la Saint-Louis en août.

Deux logiques d’hébergement : le bord des canaux, au cœur de l’animation et des tables de poisson, ou les hauteurs du mont Saint-Clair, où quelques adresses dominent la mer et l’étang. La seconde suppose un véhicule ou de bonnes jambes. L’étang de Thau est la principale zone conchylicole de Méditerranée française, ce qui explique la qualité des huîtres de Bouzigues servies en ville.

Clermont-Ferrand, la pierre noire et les volcans

Clermont-Ferrand a une cathédrale bâtie en lave de Volvic, ce qui lui donne une couleur sombre unique en France. La basilique romane Notre-Dame-du-Port est inscrite au patrimoine mondial au titre des chemins de Saint-Jacques. La ville sert surtout de base pour la chaîne des Puys, inscrite au patrimoine mondial en 2018 au titre des sites naturels.

Le puy de Dôme se rejoint par un train à crémaillère depuis le pied du volcan. Le quartier historique, autour de la place de Jaude et de la cathédrale, concentre l’hébergement utile. C’est la destination de cette liste où la voiture reste la plus utile, la chaîne des Puys s’étirant sur une trentaine de kilomètres.

Ce qui distingue une bonne adresse en ville française

Trois points reviennent d’une ville à l’autre. Le bruit d’abord, sous-estimé : dans les centres piétons du Sud, les terrasses fonctionnent tard et une chambre sur rue peut être inutilisable en été. Une chambre sur cour vaut mieux qu’une chambre avec balcon.

Le stationnement ensuite : la plupart des centres historiques français sont piétons ou en zone réglementée, et le parking d’hôtel, quand il existe, est facturé à part. C’est un poste à intégrer au total, pas une variable d’ajustement. La surface enfin : dans les hôtels particuliers reconvertis, les chambres sont généralement plus vastes que dans les constructions récentes de même catégorie, pour un tarif comparable. C’est le meilleur arbitrage disponible sur ce type de séjour.

Questions fréquentes

Quelle ville française pour un week-end sans voiture ?

Strasbourg, Nantes et Montpellier. Les trois ont une gare en centre-ville, un cœur piéton et un réseau de tramway qui dessert l’ensemble des points d’intérêt, y compris la mer pour Montpellier.

Faut-il dormir intra-muros à Saint-Malo ?

Intra-muros si l’on vient pour l’atmosphère de la cité close et que l’on accepte des chambres petites. Sur le Sillon si l’on privilégie la vue et l’espace. L’accès en voiture est nettement plus simple à l’extérieur des remparts.

Quelle période éviter à Strasbourg ?

Décembre, si l’on cherche le calme. Le marché de Noël attire une affluence considérable et les tarifs d’hébergement montent fortement. En revanche c’est la seule période où la ville prend cette atmosphère précise, donc tout dépend du but du séjour.

Pourquoi privilégier un hôtel particulier reconverti ?

Pour la surface. Ces bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles ont des volumes et des hauteurs sous plafond que les constructions récentes ne reproduisent pas, souvent à tarif comparable. Le point à vérifier reste l’ascenseur, absent de beaucoup d’entre eux.

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